Saint-Quay-Perros

Allée couverte de Crec’h Quillé (Krec’h Kile)

Ce monument est une ancienne sépulture collective datant d’environ 2200 ans avant Jésus-Christ. Redécouvert en 1961 par un instituteur le site fera l’objet, entre 1963 et 1966, de fouilles puis d’une restauration qui ont permis de découvrir des outils polis ou en silex ainsi que des vases, des bols et des éléments décoratifs (pendeloques en schiste). Il est orienté est-ouest et comporte une entrée latérale en face de laquelle la déesse mère est représentée gravée dans la pierre sous forme d’une poitrine et d’un collier.


Église paroissiale Saint-Quay

L’église, le clocher-porche, avec ses deux tourelles, date de 1672 – XVIIème et XIXème siècles. On y trouve plusieurs reliques dont celles de Saint-Méen, de Saint-Jude et de Saint-Judicaël. Le campanile de l’église, détruit par la foudre le 19 novembre 1880, a été reconstruit en 1882.

L’église paroissiale de Saint-Quay est un édifice construit au cours du 3ème quart du 17ème siècle. Une pierre placée au-dessus de l’entrée de la sacristie porte l’inscription  » Faict faire Par Missire Y. I. Janou recteur 1672  » .
Le clocher présente la date 1732 sculptée au-dessus de l’entrée, ainsi que les armes de la famille Rosambo, seigneur de la paroisse en 1695.

Le millésime 1842 figurant au-dessus de la porte ouvrant la nef au sud corrobore l’ idée que l’église a été restaurée cette année-là . Ces travaux de restauration sont à mettre en relation avec l’ordonnance du 19 juin 1841 érigeant Saint Quay-Perros au titre de paroisse succursale de la cure de Perros-Guirec. Enfin, le clocher, détruit par la foudre le 19 novembre 1880, a été reconstruit en 1882.

Commentaire descriptif :

L’église paroissiale Saint-Quay est un édifice orienté à vaisseau unique construit en mœllons de granite. Édifiée dans un enclos surélevé, elle est constituée d’une nef, de deux transepts et d’un chœur prolongeant le vaisseau principal. Elle comprend une sacristie , ainsi qu’une chapelle des fonts. Le massif occidental est composé d’une tour centrale portant une galerie à balustrade en encorbellement et un clocher à trois baies et présente, sur chaque côté, une tour circulaire abritant un escalier en maçonnerie.

Plusieurs éléments de décor sont visibles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur : tête d’ange, armes des seigneurs de Rosambo sculptées en haut-relief, blasons sculptés en bas-relief au chevet, baies en arc brisé.

Saint Quay-Perros conserve l’un des rares cimetières encore présent à l’intérieur d’un enclos paroissial.

Situation juridique: Propriété de la commune.

Eglise, cimetière et presbytère sont inscrits à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté le 18 juin 1946.


La Chapelle de Saint Méen

Historique

Chapelle seigneuriale datant de la 1ère moitié du 16e siècle et croix datant probablement du 17e siècle. Un acte daté de l’année 1538 mentionne la concession de deux tombes aux seigneurs de Kerhingant pour avoir contribué à sa réédification.

Description

La chapelle de Saint-Méen est un édifice de style gothique régional édifié en granite . Dotée d’une aile au sud, elle présente, à l’ouest, un mur-pignon couronné d’un clocher à baie unique accessible par un escalier. Édifié en grand appareil de granite et cantonné de deux contreforts angulaires, ce mur-pignon est ouvert d’une porte à arc surmontée d’une archivolte à crochets et fleuron retombant sur des pilastres couronnés de pinacles. Les rampants sont également ornés de crochets.

Situation juridique

Propriété de la commune.


Les fontaines

Fontaine Sainte-Marguerite

La statue de Sainte-Marguerite qui occupait à l’origine la niche du fronton triangulaire a disparu.

Patronne de la paroisse, sainte Marguerite est invoquée pour de bons accouchements car, selon la légende, elle sortit indemne des entrailles d’un dragon. Un lavoir dallé de 5 mètres sur 2,3 s’étend sur la gauche de la fontaine.

 

Fontaine de Zalo


Les lavoirs


Cadastre du 30 Thermidor An 12

Etymologie et histoire de Saint-Quay-Perros

Saint-Quay-Perros doit son nom à « Ke » ou « Keenan », un saint irlandais surnommé Colodoc, qui débarqua à Cléder.

Saint-Quay-Perros est un démembrement de l’ancienne paroisse primitive de Pleumeur-Bodou. La paroisse de Saint-Quay-Perros (ancien diocèse de Tréguier) est citée dans le procès de canonisation de Saint-Yves en 1330 sous l’appellation « parrochia de Sancto Ke, Trecorensisdicesis ».

Saint-Quay-Perros, autrefois paroisse à part entière, est depuis 1841 (ordonnance du 29 juin 1841) une succursale de la paroisse de Perros. Son nom actuel de Saint-Quay-Perros (anciennement Saint-Quay) date officiellement de 1921 (décret du 28 décembre 1921), pour être distinguée de la commune de Saint-Quay-Portrieux.

L’ancienne paroisse de Saint-Quay-Perros dépendait jadis de l’évêché de Tréguier, de la subdélégation et du ressort de Lannion. La cure était à l’alternative. En 1695, M. Le Pelletier de Rosambo était seigneur de la paroisse. Saint-Quay-Perros est érigé en commune en 1790.

On rencontre les appellations suivantes : Sancto Ké (en 1330), eccl. de Sancto Que (fin XIVème siècle), Saint-Qué (en 1426, Archives de Loire-Atlantiques, B2980), Sainct Ke (en 1481), Sainct Que (en 1486), Sainct Quay (en 1596) et Saint-Quay (au XVIIIème siècle).

Note 1 : la commune de Saint-Quay-Perros est formée des villages : 

  • Trouguillou 
  • Couvent-Crec’h-an-Goff-Bras
  • Couvent-Bouret, Kertanguy
  • Pors-Tyolo
  • Balanayer
  • Roudouanton 
  • Prat-Catel
  •  Penbouillen
  • Crec’h
  • Quillé
  • Crémelven
  • Kernoël
  • Convenant-Hugues
  • Coz-Moguero
  • Regat
  • Pen-an-Enès
  • Goasquéo
  • Néroglas

Source : http://www.infobretagne.com/saint-quay-perros.htm


Kénanais, vous avez dit Kénanais ?

Un peu d’histoire assez récente ou d’anecdote

ll est vrai que le nom des habitants de Saint-Quay-Perros paraît à beaucoup curieux pour ne pas dire insolite. Mais, en la matière, les curiosités sont « légion » : il est amusant d’en relever quelques-unes.

Par exemple, dans le département de Seine-Saint-Denis (92), s’il n’y a rien de surprenant que les habitants de Clamart s’appellent les Clamartois, pourrait-on deviner les noms des habitants de Bourg-La-Reine : les Réginaborgiens, de Plessis-Robinson : les Hiboux, de Saint-Cloud : les Clodoaldiens.

Mais pourquoi diable les habitants de Saint-Quay-Perros, les Kénanais ?

Grammaticalement, ce mot peut être un nom propre : les kénanais et les Kénanaises (ne pas oublier la majuscule), ou un adjectif : la population Kénanaise (la majuscule serait ici une faute d’orthographe).

Ce nom est très récent.

Etant arrivé à Saint-Quay-Perros en 1967, j’ai depuis vécu l’évolution foudroyante de notre commune. Le CNET avait été inauguré en octobre 1963 par Jacques Marette, ministre des PTT du gouvernement de Georges Pompidou, sous la Présidence du Général De Gaulle. L’expansion industrielle toute naissante de Lannion commençait à peine à contribuer au développement de l’habitat dans la campagne environnante. En 6 ans, de 1962 à 1968, la population n’était passée que de 502 à 569, ce qui constituait quand même une augmentation de 13%. Mais elle augmentera de 57% de 1968 à 1975. Pendant la même période, l’école passera de 3 à 5 classes.

J’ai donc connu en 1967, un Saint-Quay-Perros très peu différent du village du début du siècle : Avenue de la Mairie, à droite, entre la mairie et le croisement de Kertanguy, seulement la maison d’Emile Urvoas et le café « Chez Casimir« . A gauche, après le café-tabac de la mairie et la grande maison de Mme Le Roux, un second « commerce de campagne », celui de Joséphine Nicol, centre la vie de la population qui ne se savait pas encore Kénanaise

C’est là que l’on échange des informations, que l’on parle de la commune. Les habitants sont modestes, un peu résignés, ils ressentent même un complexe d’infériorité face aux deux grandes voisines que sont Lannion et Perros-Guirec. Jean Nicol, l’époux de Joséphine, – et d’autres – appellent leur localité ’Sant  Baour« , dénomination peu flatteuse.

Aussi l’espoir nait-il avec la création de nouvelles associations en 1972, l’amicale Laïque et en 1973, le club de football. Jean Nicol assiste, heureux, aux assemblées générales constitutives et déclare : « Bientôt on ne dira plus « Sant-Ke Baour » !

C’est alors que se pose un problème tout neuf. « Comment allons-nous appeler le club de foot ? ». Pierre Hamon et Jean-Jacques Urvoas sont là. Ce dernier suggère « Allons voir le curé, il saura sans doute nous aider ».

L’Abbé Pierre Le Gallou nous reçoit chaleureusement. « Oui, il y a bien sûr Sant Ke, mais il y a aussi Saint Kénan, c’est sans doute le même, un saint irlandais qui est arrivé chez nous, venant d’Irlande, après avoir traversé la Manche sur une auge de pierre. »

Nous avions la réponse à notre question : le club de foot s’appellera « Stade Kénanais » et depuis nous sommes tous des Kénanais et des Kénanaises. A l’aube de 2007, depuis plus de trente ans, de l’eau a coulé dans le Kerduel et le Cruguil. Ces deux fleuves, il leur arrive même de déborder et d’inonder leurs berges. Malgré cela, les terres de Saint-Quay-Perros sont de plus en plus convoitées. A devenir kénanais, propriétaire ou locataire, il y a beaucoup de candidats et peu d’élus. Saint-Quay-Perros ne se sent plus du tout « Sant Ke Baour » : on dit même, mais il ne faut pas le répéter trop fort, que notre commune est l’une des plus riches du département. Au recensement complémentaire en 2005, la population municipale est passée à 1637 habitants (1588 en 2003).

La vie a bien changé. Il n’y a aucune raison de ne pas pouvoir espérer…

Michel Gouédard

 

 

Saint-Quay-Perros